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RENDEZ VOUS AVEC LE CONSEIL DEPARTEMENTAL

Compte-rendu de la délégation au Comité départemental – FO, CGT, CFDT

Souffrance et indignité pour les résidents et les personnels : le cauchemar !

RosennHars : Vice- présidente au comité départemental, l’enjeu est de vous donner la parole

CFDT :

réitère la lecture du rapport ! et revient sur les conditions de travail

Vice présidente : ma mère a été en EHPAD, ce n’est pas une douche par semaine, c’est pire !

  • Vous semblez partager notre analyse. Je répète ce que les retraités disent : ils ont fait tourner la société , normal que la société les accompagne. Les familles versent des contributions et espèrent que leurs aînés soient pris en charge correctement.

Force Ouvrière:

  • Nous sommes dans une situation où il n’y a pas assistance à personne en danger ! C’est terrible d’entendre les personnels expliquer la situation réelle où la souffrance est le mot dominant ! Nous soutenons avec force les personnels en grève et leur combat car nous en sommes les victimes rapprochés ! Déjà, peu de retraités peuvent s’offrir le luxe d’une EHPAD et doivent avoir recours au patrimoine, s’ils en ont un !Et à leurs enfants qui, eux, subissent les ruptures conventionnels, le chômage, la précarité !

  • Rappel des rassemblements. Où commence la maltraitance ? par le manque de personnel, on compte 0.68-0.50 agent par résident. Il faut que cesse cette maltraitance et que cesse cetravailfait à la chaîne. Nous ne sommes pas des robots ! Tous personnel, résidents, familles sont en souffrance. Le ménage… est fait parfois par les familles ! le gouvernement doit prendre ses responsabilités.

  • En montant ces magnifiques escaliers du château vous nous avez proposé du rêve… je voudrais vous inviter à un cauchemar : un dimanche un agent n’est pas venu, 1 personne n’a pas été levée ! Les familles sont mécontentes !

  • Il y a les problèmes mécaniques, psychologiques du personnel, on craque ! Aucune dignité pour les résidents, et des problèmes psychologiques chez les agents ! pas le temps de former les stagiaires et peu ont envie de faire ce métier où on ne peut plus avoir le sourire. Nous sommes dans la routine. Nous ne pouvons plus faire certains gestes, accompagner les résidents dans leur perte d’autonomie. On en arrive à ce qu’un résident mange assis sur une chaise percée !

CGT :

  • Parfois c’est même 0.49 agent par résident et avec le CPOM les dotations vont encore baissées, nous sommes inquiètes. Les budgets ne sont pas en corrélation avec les besoins et que va faire chaque département ? Si les budgets sont révisés tous les deux ans et demi, quelles conséquences cela aura-t-il pour le personnel ? il y a étranglement des EHPAD les plus fragiles. C’est une transformation de la société, le choix entre ceux qui ont droit et les autres qui n’ont pas droit !

  • Comment peut faire une AS pour en 3 heures faire la toilette de 14 résidents ? moins de 8 minutes par résident, c’est impossible. C’est du travail à la chaîne. Comment assurer le repas de 6 à 8 personnes en 8 minutes ? Même pas une minute par personne ! Il faut choisir qui mangera chaud, chaque jour on change ! pour maintenir des vêtements propres c’est difficile ! Nous n’avons pas le temps de faire marcher les résidents… on paie des kiné pour cela ! Pas le temps de les aider moralement, alors on leur donne des médicaments, il est même impossible de voir si un résident est malade et il y a peu de psychiatres et de gériatres. Les personnes âgées sont traitées indignement, maltraitées et du coup le personnel culpabilise. Cette logique marchande est inadmissible, les choix budgétaires drastiques étranglent les EHPAD les plus fragiles. En 33 ans il ya une dégradation terrible en gériatrie

  • Un dimanche quand il manque un agent, tout devient impossible à gérer. Etre seule avec 80 patients sur 2 étages… « elle pourra se débrouiller pour une fois » entend on dire ! une honte ! Nous sommes en état d’urgence, le personnel est malade, s’arrête et retombe malade !

  • Comment peut-on supporter cette situation, faudrait-il trier entre les personnes dépendantes. Par exemple au coucher, le 1er résident l’est à 21h, le dernier à 24h alors qu’il est levé depuis 8h du matin ! De plus les familles deviennent procédurières, de plus en plus de personnel soignant attaqué et ne sont même pas protégé par leur direction !

« Un calcul diabolique qui aura des résultats catastrophiques »

Rozenn Hars , vice-présidente au conseil départemental : j’espère que tout remontera au plus haut niveau, nous avons bien entendu ce que vous avez dit, il faut une réponse institutionnelle. Je suis contente que ce sujet émerge, nous avons compris le problème lors de l’émergence de la loi AVS et de la nouvelle tarification. C’est un calcul diabolique qui aura des résultats catastrophiques. En ce qui concerne la convergence, on aurait dû baisser les dotations pour les Ehpad publics alors que l’on devait les augmenter pour les lucratifs, alors qu’ils n’avaient rien demandé ! On a fait remonter le calcul au national, en juillet, en disant il y a un problème. En septembre le retour a été sans changement. En 2017, le département n’a pas appliqué la loi enfin en partie : nous n’avons pas baissé les dotations négatives, mais on a appliqué les dotations positives, car il fallait bien un peu respecter la loi ! En 2018, nous sommes conscients de ce que vous nous dites, c’est un « diagnostic partagé ». Que ce soit le maintien à domicile ou les EHPAD, c’est déplorable dans les deux secteurs. Nous avons quelques marges de manœuvre dans le calcul diabolique, mais on est légaliste en 73 ! On a convenu des endroits où l’accueil temporaire ne soit pas soumis au calcul diabolique, toutes les marges qu’on peut prendre on les prendra. La loi c’est un versement d’1/7° (alors que la moyenne de vie dans les EHPAD est de 2 ans), on sera obligé de signer les CPOM avec quelques petits ajustements. Nous cherchons tous les moyens et les biais légaux pour avoir un peu plus. On va essayer de faire une concertation entre le département, la région, pôle emploi en mars, trouver des astuces pour améliorer la situation. En Savoie , nous avons bien entendu , on essaie de faire dans un cadre légal !

 

Compte-rendu établi par  Renée Laurent, présidente de l’UDR  de Savoie