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FO-SAVOIE

FO est opposé à la réforme des retraites

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Adapter les retraites à la précarité ou en finir avec la précarité ?

« La comptabilisation en points permettra également de renforcer l’équité du système. Les règles de calcul fondées sur le salaire de référence, notamment la prise en compte des 25 meilleures années au régime général des salariés, défavorisent les carrières courtes, heurtées et peu ascendantes ».

Le système actuel est fondé sur des droits résultant de la contribution de chacun. La pension est ainsi calculée dans le régime général : (Revenu mensuel moyen sur les 25 meilleures années) x Taux (entre 37,5 et 50%) x (durée de cotisation/durée minimum requise). Il est vrai par conséquent que le (plus souvent la) salarié(e) qui n’a pas rempli les conditions du taux plein (62 ans et 166 trimestres aujourd’hui) subi une décote. Il perçoit une pension calculée sur un taux minoré (<50%) et au prorata de la durée de cotisation rapportée à la durée requise. La phrase du rapport est donc juste : les carrières courtes, heurtées et peu ascendantes, qui ne permettent pas d’atteindre le taux plein, sont donc défavorisées par rapport aux carrières pleines et ascendantes (travail à temps plein dont la rémunération progresse tout au long de la carrière).

Mais le régime unique par points n’améliore en rien la situation de ces carrières courtes, heurtées et peu ascendantes puisqu’il faudra acheter des points durant les périodes heurtées avec une cotisation et donc un nombre de points acquis ne progressant pas, du fait d’un salaire ne progressant pas lui-même. En outre, on n’achètera pas plus de points durant les périodes inactives. Par contre, le régime unique par points dégradera les droits acquis des carrières pleines et ascendantes puisque la pension ne sera plus calculée sur les meilleures années (les 25 dernières dans ce cas) !

L’équité en l’occurrence se traduirait par un alignement vers le bas !

La question essentielle est donc non pas de pénaliser la situation qui devrait être la norme – un vrai travail à temps plein en progression tout au long de la vie active – mais de faire en sorte que les politiques économiques et les entreprises garantissent que tout un chacun puisse en bénéficier, ce qui au demeurant améliorerait les recettes et donc l’équilibre des régimes de retraites.

Le Conseil d'Orientation des Retraites rend son rapport

 

Par lettre de mission du 19 septembre 2019, le Premier ministre avait saisi le COR afin qu’il établisse un diagnostic sur la situation financière du système. Le Premier ministre demandait la réalisation de projections sur l’avenir du système des retraites d’ici à 2030, tenant compte des trajectoires de recettes, de dépenses et de soldes du régime. La mission du COR portait aussi sur les mesures nécessaires, afin de garantir l’équilibre du système en 2025.

Le COR a rendu ses conclusions le 18 novembre, et le rapport sera examiné le 21 novembre, et remis au Premier ministre le lendemain.

Le système de retraites accusera en 2025 un déficit entre -0,3 % et -0,7 % du produit intérieur brut, soit entre 7,9 milliards d’euros et 17,2 milliards d’euros constants, selon les hypothèses de croissance et les conventions comptables retenues.

Comme le lui a demandé le gouvernement, le COR a également étudié quels leviers il faudrait activer pour équilibrer le système d’ici 2025 - à savoir augmenter les cotisations, baisser les pensions ou reculer l’âge de départ.

Reste maintenant à voir ce que fera le gouvernement de ces résultats. Le Premier ministre a prévu de revoir les interlocuteurs sociaux en réunion bilatérale dans la semaine du 25 novembre, pour échanger sur ce sujet de l’équilibre financier et de la transition.

FO ne peut donc manquer d’y voir une opération de communication – pour ne pas dire d’instrumentalisation – destinée à projeter une image dramatisée de la situation des retraites afin de justifier, à nouveau la nécessité de mesures d’économies conduisant à convaincre qu’il n’y aurait d’autre choix in fine que de devoir « travailler plus longtemps ». Les rédacteurs prennent d’ailleurs le soin de rappeler ce rapport ne saurait être interprété comme une adhésion de tous à la démarche qui sous-tend cet exercice de diagnostic.

FO souligne aussi que l’accent mis systématiquement sur l’ordre de grandeur du déficit potentiel à horizon 2030 – qui varie du simple au double entre 8 et 17 milliards d’euros – masque que la part des dépenses de retraites (de l’ordre de 314 milliards d’euros), rapportée au PIB, reste stable à hauteur de 13,8%.

FO rappelle que depuis le début, elle met l’accent sur le poids du chômage, de l’emploi des seniors jusqu’à l’âge de la retraite, des emplois précaires et faiblement rémunérés ainsi que sur les inégalités dans l’emploi, qui pénalisent le plus souvent les femmes, comme étant la cause à traiter prioritairement.

Dans ces conditions, la sollicitation du COR par le gouvernement et la tournure des débats qui en découle, illustre bien pour FO le danger d’un régime unique par points dont l’État et les gouvernements demain maîtriseraient tous les leviers de pilotage dans le cadre des politiques budgétaires et des contraintes financières.

21 novembre 2019

Secteur RETRAITES

www.force-ouvriere.fr


Documents utiles à télécharger :

  annexe_1_circ_ndeg_199_2019_reforme_des_retraites_fo_vous_repond_questions_reponses.pdf